Visite du vignoble alsacien

Aujourd’hui et, périodiquement, dans de prochains articles, je reviendrai sur ma visite du vignoble alsacien à la mi-mars ainsi que sur les dégustations que j’ai eu le plaisir de faire.

Quand on pense Alsace, on pense maison à colombages, des villages qui font appel à l’imaginaire de notre enfance, et aussi au pays des Schtroumpfs. Des maisons multicolores, aux couleurs parfois improbables. Marcher dans les rues de ces villages nous plonge dans une autre époque, une époque reculée et romantique, loin de l’agitation actuelle. Avec des vignerons toujours plus nombreux à travailler en agriculture biologique et à une utilisation de plus en plus fréquente des chevaux pour travailler la terre, on se croirait presque revenu au Moyen-Âge, la connotation péjorative en moins.

L’Alsace, c’est aussi le pays des Cigognes, du foie gras et de la gastronomie. L’Alsace ne s’arrête toutefois pas à ces clichés.

Episode 1 :

Parti tôt lundi matin avec mon ami Laurent –amateur de vins, bien entendu–, nous sommes arrivés en Alsace à l’heure du déjeuner. J’ai dans un premier temps servi de guide. Nous sommes passés par Bergheim, fief du Domaine Deiss –dont je vous ai déjà parlé–, par Ribeauvillé où se situe le domaine Trimbach, célèbre notamment pour son Riesling Clos Saint-Hune (1ha25) au pied duquel nous nous sommes rendus à Hunawirh. Nous en avons profité pour admiré le Clos qui se situe juste au-dessus du sentier qui les traverse, à savoir le non moins fameux Clos Windsbuhl qui produit de très grands Riesling, Pinot Gris et Gewurztraminer du splendide domaine Zind-Humbrecht.

 

Après avoir serpenté sur quelques chemins viticoles, nous nous sommes rendus à Turckheim pour nous y restaurer avant la dégustation de l’après-midi. Le plat du jour ne nous laissera pas un souvenir impérissable, c’est sûr. Par contre le Pinot Noir de la cave de Turckheim, nous ne sommes pas prêt de l’oublier ! J’éviterai néanmoins de le commenter, je ne suis pas quelqu’un de méchant…

Quelques instants plus tard, nous étions accueilli par la toujours très souriante Margaret Humbrecht, avant de descendre dans les chais du Domaine Zind-Humbrecht pour une dégustation d’exception, comme elle l’est chaque année. Finalement, le baromètre de satisfaction ne varie d’une année à l’autre que d’excellent à époustouflant…

Evolution

Depuis quelques années, le domaine a opéré quelques changements. Outre que la tendance est à des vins plus secs —mais toujours aussi puissants et aromatiques—, la gamme de vins a été un tantinet rationalisée. Alors qu’auparavant on retrouvait au tarif jusqu’à près de 35 vins, actuellement, on peut déguster environ 25 vins. Ceux précédemment issus des parcelles Herrenweg de Turckheim, Gueberschwihr, Wintzenheim ont disparu du tarif. Les jeunes vignes des autres lieux-dits, Clos et Grands Crus du Domaine sont utilisées pour élaborer les cuvées « Roche Granitique », « Roche Calcaire » et « Roche Volcanique ». Les parcelles les plus réputées telles que celles du Clos-Saint-Urbain Grand Cru Rangen de Thann, le Grand Cru Brand ou le Clos Windsbuhl et biens d’autres encore conservent naturellement chacune leurs propres vins.

La dégustation

Je ne vais pas ici décrire chaque vin, ce serait probablement fastidieux pour le lecteur.

Par contre, je peux vous dire que les différents Riesling, roche granitique, roche calcaire et roche volcanique étaient particulièrement bien —secs mais très aromatiques et puissants avec une magnifique fraîcheur— pour cette série « d’entrée de gamme ». Dans le même esprit j’ai particulièrement apprécié le Zind 2016 qui a la particularité d’être un assemblage de chardonnay —qui ne fait pas partie des cépages autorisés en Alsace— et d’Auxerrois (attention de ne pas le confondre avec le cépage rouge du même nom dans la région de Cahors qui s’appelle aussi côt ou encore malbec –cette dernière dénomination étant plus familière des amateurs de Bordeaux notamment). Ce Zind présente une belle fraîcheur, une belle matière et un caractère minéral bien équilibré. J’en salive encore !

Dans les vins de lieux-dits, j’ai été particulièrement impressionné par le Riesling Clos Haüserer, de par sa puissance aromatique, sa matière ample et magistralement équilibré par une magnifique acidité.

En matière de Gewurztraminer, j’ai aimé le Roche Calcaire –qui n’est autre que le Grand Cru Goldert qui a été déclassé—, un très beau vin, avec un nez typique du cépage, et ses sucres résiduels sont bien équilibrés grâce à une acidité de bon aloi. Mention spéciale pour les Gewurztraminer Hengst, Clos-Saint-Urbain Rangen de Thann et le Clos Windsbuhl, quoique ces 2 derniers soient mes préférés. Le Rangen dévoile un nez de litchees et de belles épices. Son attaque est ample et massive mais étonnamment fraîche grâce à des notes citronnées en bouche que l’on ne retrouve généralement pas dans ce type de vin.

Dans la gamme des Grands Crus, en particulier les Clos-Saint-Urbain Rangen de Thann, mon chouchou est, à ce stade d’évolution, ce Gewurztraminer très aromatique mais très sec et d’une fraîcheur extraordinaire. Le riesling Rangen présente un bel équilibre, la texture épaisse de ce vin tapisse le palais, le nez est très expressif. En bouche, malgré sa puissance, ce vin fait preuve de beaucoup de finesse. Il nécessite toutefois de la patience avant d’être à maturité et d’être dégusté dans les meilleures conditions.

Après cette superbe dégustation, nous avons cheminé vers un autre producteur pour une autre dégustation, on est motivé ou on ne l’est pas !

Prochainement la suite du voyage et des dégustations dans l’

épisode 2!

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